En été, la SNCF doit faire face à une recrudescence des suicides sur les rails

by: admin. /   jeudi 26 juillet 2018 08:58
Détresse, dépression, suicide RER TER TGV

« L’accident de personne ». Les habitués de la SNCF craignent ces mots, toujours synonymes d’une longue immobilisation du train. Ces dernières semaines, ils ont pourtant été prononcés à plusieurs reprises en Bretagne.

En quelques jours, au moins quatre tentatives de suicide ont été enregistrées sur les voies ferrées dans la région. La dernière en date, c’était mercredi à Brécé, près de Rennes, où un homme de 39 ans a eu la jambe arrachée par le passage d’un TER.

Simple hasard ? Sans doute pas. « On a souvent plus de heurts en été », reconnaît la SNCF. C’est également le cas lors des fêtes de fin d’année, précise la société ferroviaire, qui ne souhaite pas s’étendre sur le sujet, par peur de faire « la publicité » de ces accidents. Pourquoi l’été ? « Parce que les gens qui souffrent de la solitude sont encore plus seuls en été », explique Alain Mathiot, président de SOS Amitié.


« Il n’y a plus de lien social »



Sa fédération reçoit chaque année 700.000 appels de personnes en détresse, dont un gros millier prêt à passer à l’acte. « L’été, ça ne faiblit pas. Les gens voient leurs amis partir, les associations fermer, leur psy être en vacances. Il n’y a plus de lien social. Le sentiment de solitude est accru », poursuit le président.

Dans les tristes statistiques de la saisonnalité des suicides, on ne trouve pourtant pas de pic. Pas plus en été qu’à la rentrée de septembre ou en plein hiver. Seuls peut-être les modes opératoires changent.


Près de 3h d’interruption de trafic


Chaque année, environ 450 personnes se suicident sur les voies de chemin de fer, tant sur les grandes lignes de province que sur les liaisons urbaines de la région parisienne. A chaque accident, le trafic doit être interrompu, souvent entre 2h30 et 3h. « Nous avons un protocole à respecter à chaque suspicion de heurt. Le conducteur du train doit descendre et constater, avant d’alerter un officier de policier judiciaire », précise la SNCF.

Ces derniers sont d’ailleurs systématiquement pris en charge par la médecine du travail et peuvent bénéficier d’un accompagnement psychologique « s’ils le souhaitent ». « C’est une situation très difficile à vivre tant pour notre personnel que pour nos voyageurs », reconnaît la SNCF. Environ 10.000 personnes se suicident chaque année en France, ce qui place l’Hexagone en mauvaise place en Europe.

Source : 20minutes.fr - Camille Allain

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